04.12.2007
Ecriture improvisée
Comme promis, après une absence un peu plus longue que prévue (sur mon blog en tout cas), je publie aujourd'hui une écriture improvisée comme j'ai "appris" à en faire pendant mon stage avec Simone Forti ces quelques dernières semaines. Comme celles écrites pendant le stage sont un peu trop intimes et chargées, je publie aujourd'hui celle que j'ai écrite ce week end à la campagne pendant mes 3 jours de retraite en Charente. Comme l'indique son nom, l'écriture est improvisée, j'ai n'ai pas prévu ce que j'allais écrire. Le travaille de cette forme consistate à observer les choix et les idées qui viennentà l'esprit pendantl'écriture et à sélectionner une piste plutôt qu'une autre, au fil des idées qui se pressent dans la tête. N'hésitez pas à partager vous réactions et commentaires ...
Ecrire à nouveau. Excercice difficile, il me semble que l'absence du groupe, de Simone que le contexte ne s'y prête pas. Il fait doux dehors. Je m'attendais à ce que la campagne soit froide, gelée. Je retrouve ces paysages si familliers où j'ai marché mille fois, seule, en famille ou avec mes amis. Cette campagne, c'est mon patrimoine, mon paysage, mon imaginaire. Si famillier et pourtant différente à chaque fois. Nouvelles saisons, les cultures sont vides, les feuilles sont déjà tombées, ramassées. Seuls persistent la terre grasse, le contour des champs et le ciel. Cile magnifique quiva vers la mer. Bleu, doux et apaisant. Les nuages s'étirent d'un côté à l'autre et devant moi un chemin céleste qui mène droit vers l'horizon, vers la mer.
Des souvenirs remontent à ma mémoire. Il n'y a plus les étoiles mais j'entends nos rires et nos rêveries. Je vois mes amis là, avec moi, dans un passé proche, presque palpable. Je ne sens plus la chaleur du jour, l'odeur a changé. La terre grise colle à mes pieds avec des petits bruits de mastic. Je ne me sens plus si folle mais apaisée devant ce paysage si simple et pourtant si riche.
Je suis seule, n'ai pas parlé depuis deux jours, renfermée sur mon esprit mais ne faisant qu'un avec l'univers qui m'entoure.
J'ai lu, écrit, lu. Bouddha, l'univers, Jeannet, Tardieu, mes propres écrits, de vieux journaux. Je me suis nourie de moi-même, canibalisme intellectuel salvateur. Renfermée, je ne me disperse plus tout à fait autant. L'essence de mes pensées se concentre dans cette maison, dans cette campagne que je perçois comme chargée d'histoire, de mon histoire, de celle de mes aïeux qui sont tous là. Non pas des fantômes, je n'ai presque plus peur. Mais dans mon esprit, ils me donnent la force des racines. Le possible, j'avolueces jours-ci dans le possible. Je sélectionne mes rêves, mes projets, ne les dévoilant pas tout de suite. Du moins pas en dehors du papier que je couvre d'encre bleue. En gardant encore un instant pour moi ces pensées, ces projets, je me protège, je les protège. Telles de petites graines, je conserve ces idées dans ma petite serre intérieur où elles peuvent prendre des forces avant de s'inplanter hors de cette bulle que je me suis créée, ici, et qui existe en moi depuis tant d'années.
Le paysage est fragile au mois de novembre, il ne chante pas l'exubérance de l'été où les fleurs et la nature et le temps débordent d'une richesse ensoleilée. Les paysages ris sont plus subtlis. Il faut prendre le temps pour observer les nuances de gris bleutés et rosés, les petites fleurs sèchées, résidus des jachèresflauries qui faisaient mon bonheur cet été, oubien ces petites baies rouges sur le bord de la route.
Peu de gens croisés. Chancun travaille. Certain dans les champs, dans les vignes au repos déjà; d'autres chez eux travaillent à leur maison. Qui prendrait le temps de marcher dans les champs. Dans ce paysage si ingrat pour celui qui ne prend le temps de le regarder avec un oeil esthétique. Contemplation faite de souvenirs, de rêves et de cette réalité tangible qui m'entoure. Si simple, si basique qu'elle me transporte. Me permet de retrouver mon rythme, ma fréquence, ma vibration. Je retrouve une certaine forme d'harmonie intérieure. J'ai pensé aller voir la mer si belle en hivers. Mais je ne suis pas partie. J'ai contemplé le ciel et l'horizon et j'ai vu la mer. Tout est en moi, à chaque instant, si je sais le voir.
13:49 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : campagne, écriture improvisée, pensées, novembre









