11.01.2008

Evening at the comedy club

Hier soir, a Londres donc, je suis allee pour la premiere fois voir un spectacle de "stand up comedy". Pas n'importe ou, a Deptford (quartier pas sex du sud est de londres). J'etais fort bien accompagnee de mes anciens colocs mais tout de meme un peu nerveuse. Peur de ne pas tout compre, voir rien capter, peur de ne pas trouver ca drole. Nous etions presque au premier rang (en fait Toby etait au premier) ce qui est risque quand la salle est petite et qu'on est a un metre du comique.
Le spectacle a commence, c'etait super, drole comme tout. Bien sur, le monsieur loyal de la soiree a voulu mieux connaitre son public. Et la inevitablement apres s'erte paye la tete d'un bon beauf anglais, il a bien scanne la salle et n'a pas trouve d'autre victime que moi. Quel est ton nom ? Ha la blague ! He oui, deja qu'en temps normal il faut que je repete 10 fois aux anglais mais la ... j'ai eu le droit a beaucoup de tres bonnes blagues, au traditionel LOD (qu'on prononcera donc Elodie) et qui suggere elegament une carriere dans le rap americain ! Et puis apres, il s'est vraiment regale. Je suis francaise et danseuse contemporaine, comme on dit, un bon client ! Ca manque pas les blagues autour de ca. Ca m'a d'ailleurs fait beaucoup rire parce que le mec est malgre tout reste correct et que j'ai quand meme une certaine dose d'auto derision.

Bref, passe cet episode, je dois dire que j'ai beaucoup ri du reste aussi qui meme si des fois passait pas loin du borderline etait quand meme drole ! C'est fou ce qu'un humoriste peut se permettre sur scene !
J'ai passe une si bonne soiree que je me dis que je devrais aller voir un peu ce qui se fait a paris.

24.10.2007

Des moules et des frites

9c20292d878af00959883ed07cc874ae.jpgHier soir, j'ai vu VSPRS d'Alain Platel au théâtre de la ville. J'avais déjà vu cette pièce des Ballets C de la B à Londres et je n'avais pas été plus emballée que ça. Mais presque comme une bonne élève, bien que surprise d'avoir pris des billets, je me suis dit que ça valait le coup de revoir cette pièce pour voir. Voir si deux ans après mon idée serait toujours la même.

Bon je ne fais pas durer le suspens. Non, je n'ai pas eu une révélation sur VSPRS. Ou plutôt si. Mais pas vraiment le genre de révélation qui illumine une soirée. Voilà, il faut que je le dise, je crois que la scène belge me gonfle. (Là tous les danseurs contemporains qui lisent ce blog -des milliers je vous dis - sont entrain de crier au scandale. Ca fait pas bien de dire qu'on aime pas la scène belge de nos jours).

Comment en suis-je arrivée à cette constatation ? Simplement. Ca fait deux fois en moins d'un mois que je vais voir de la danse, scène belge, au théâtre de la ville. D'abord Sidi Larbi Cherkaoui et puis hier soir Platel. Je crois que Cherkaoui et Platel on travaillé ensemble. Peu importe. Le fait est que les deux fois j'ai éprouvé la même chose, fait le même constat: les danseurs sont exceptionnels, leur technique est incroyable, unique, le vocabulaire est en tant que tel très intéressant. Les thématiques sont simillaires, plutôt sombres ou torturées (ce qui dans d'autres cas n'est pas un problème), je sais que je devrais être touchée. Et pourtant je ne ressens rien. Je ne suis jamais réellement touchée par ce qui se passe sur scène, il y a toujours un moment où je décroche où je n'y crois pas vraiment. Il manque quelque chose. Quoi, je ne saurais pas bien dire.
Et puis il y a tout laspect chorégraphique avec très peu de construction. Je trouve les trames presque trop fine, j'ai l'impression qu'il n'y a pas de mise en scène, que les sections crées sont mises bout à bout, effectivement vec un travail d'enchainement mais pas réellement quelque chose qui se tient. Pas vraiment de cohérence. Et je ne veux pas dire par là que j'aime particulièrement les pièces très organisées (je suis fan de Pippo Delbono). Je n'affirme pas non plus que ce travail ne soit pas valable, on sent après tout une véritable recherche. Mais chorégraphiquement, au niveau de la structure, ces pièces n'apportent rien. Au niveau du vocabulaire non plus puisque finalement on retrouve toujours un peu la même chose.
Je suis déçue d'en arriver à me dire que la scène belge me gonfle. J'avais pourtant plutôt envie d'aimer. D'ailleur tout ne me gonfle pas. Vandekeybus m'a vraiment touchée, bien que je retrouve un peu la même faiblesse au niveau de la mise en scène, et Ann Teresa De Keermeaker est formidable et incroyablement ingénieuse dans la construction de ses pièces. 

Maintenant je dois quand même dire que je préfère être devant une pièce moyenne à faire la constatation ci-dessus que chez moi devant ma télé. Sauf une chose qui me met hors de moi: les danseurs qui font la gueule en saluant. Alors je voudrais que ce soit clair. On sait que ça fait plus d'un an et demi que la pièce tourne, que les danseurs sont crevés quand ils terminent, qu'ils se sont peut-être pris la tête en coulisse, qu'il se peut même qu'ils n'aient pas envie d'être là(sur la scène du théâtre de la ville, quand même). Mais moi j'ai payé ma place et j'applaudis (poliment) quand ils saluent. Si ça les fait chier d'être sur scène, qu'ils laissent la place aux autres, nous sommes des centaines à vouloir bosser ! (Quoi je râle, bien sur que je râle !)

24.09.2007

Happy Days ! (ceci n'est pas une critique)

4d9af702360af0ec2b848cc6c08616f1.jpgOui, sous ce titre je pourrais vous parler des quelques jours très agréables que j'ai passés avec mon amie Hayley qui est venu me rendre visite de londres. Je pourais vous parler ce tout ce que nous avons échangé, de ratrapper le temps perdu, de se remémorer le passé et des jours plus ou moins heureux. Mais non, je veux vous parler théâtre.

Je suis allée dimanche après midi, séance de 15h, avec Tourniquette voir "Oh les beaux jours" (Happy Days) de Samuel Beckett, mise en scène de Deborah Warner.  Comme toujours à la boure, nous entrons en trombe dans le théâtre de Chaillot, moi persuadée que la musique qui s'échappe de la salle signifie que la pièce à déjà commencé. Il est 15h03, ce serait une première, un spectacle qui commence pile à l'heure ! En fait non, c'est une musique d'ambiance. Et par ambiance, j'entends ambiance. Pas musique d'assenceur qui fait patienter, non, une musique ou plutôt une ambiance sonore qui met le publique tout de suite dans l'atmosphère. Sorte de ronflement, des cordes, des sifflements, aucun rythme. Je jubile, j'adore ça, très sombre, très basique, très Castellucci. Le décors est magnifique. Sur scène, il semble qu'une route ou une dalle en béton aurait été éclatée par en dessous, peut-être un tremblement de terre. Des herbes poussent ici et là, paysage désolé. Avant que la pièce ne commence, un rideau translucide blanc cache une partie de la scène. Encore une fois, beaucoup d'éléments scènographiques me font penser à Roméo (Castellucci), à quelque chose que j'apprécie beaucoup. Et puis le son disparait, les mémères qui radontent derrière nous se taisent enfin, le rideau se lève sur le personnage de Winnie, enterrée jusqu'à la taille qui dort. Je ne vais pas vous raconter la pièce, on peut la lire et je recommande à ceux qui peuvent d'aller la voir.
Winnie est le personnage principal. Elle est interprètée par Fiona Shaw (Tim Potter quand à lui interprète Willie). Je n'avais jamais vu Fiona Shaw, et je pense que je n'avais jamais vu ou presque une actrice qui résume aussi bien tout ce que j'aime et que je recherche au théâtre. Le rôle n'est pas facile. Le texte de Beckett est décousu et absurde (du Beckett quoi), il n'y a aucun repère, et presque jamais d'interaction avec l'autre comédien. Personne pour donner la réplique, personne pour soutenir le rythme, avec qui rebondir. En dehors de la performance technique, il y a cette interprétation incroyable. Face à ce genre de spectacle, j'ai toujours du mal à trouver mes mots, à exprimer la force et la profondeur de ce que j'ai ressenti. Winnie s'accroche à la vie, elle nous fait rire alors que ce qu'elle raconte est sordide. Elle évoque le quotidien et l'on sent qu'elle est à fleur de peau.
Bien évidement cette approche me touche, il y a là dedans quelque chose qui me captive et m'interesse dans l'art, une sorte d'essence de l'humain. Cette pièce se trouve au delà du narratif. Evidement, Winnie parle de "ce soir", elle évoque telle autre personne. Mais dans tout celà il ressort l'humain, l'humain dans quelque chose de plus total, au delà de l'émotion. Encore une fois, référence à Castellucci et au mémoire que j'ai écrit l'an dernier, mais voilà, je retrouve le "figural" définit par Deleuze, le théâtre tel que Artaud le décrit. (Bon je m'excuse, je ne suis visiblement pas capable d'écrire une critique de théâtre sans que je reparte dans me délires et de la théorie critique, vous êtes excusés si vous n'avez pas suivi ...)

Donc, ça c'est une chose. Peut-être que de reconnaitre le figural dans cette pièce définit plus le travail de Beckett que celui de la comédienne (Fiona) ou de la metteur en scène (Deborah). Oui mais voilà, il y avait quelque chose de formidable dans l'interprétation de Fiona. Oui biensur, elle s'inscrit totalement dans l'aspect figural du travail (on note que je ne dis pas figuratif). Il semble que Fiona jongle avec les émotions, qu'elle sait tout à la fois passer de l'une à l'autre et les superposer avec une clarté rare. Néanmoins, je crois que Fiona dépasse ça. Son interprétation dépasse le personnage unique de Winnie, elle interprète l'expérience humaine, de façon à la fois précise et naturelle.
Je suis surprise et enchantée.

Je ne peux que vous encouager à y aller. Le théâtre de Chaillot est un de mes lieux préférés, la pièce est formidable, la mise en scène et l'interprétation exceptionelles !

Happy Days, Théâtre National de Chaillot jusqu'au 28 spetembre 2007.
Mise en scène Deborah Warner, avec Fiona Shaw et Tim Potter

 

NB: On remarque un schéma dans mon écriture: je pars en voulant faire court (j'échoue), je ne peux m'empècher de caser mes grands chevaux de bataille (le théâtre, l'art Figural, Castellucci), je fais des boucles qui de temps en temps se ferment (mais la plus part du temps je ne termine pas mes idées).
Enfin, vous êtes quelques fidèles à me lire, preuve que c'est pas tout à fait  ininteressant.

Et pour finir, ALLEZ AU THEATRE !! 

J'oubliais, pour de bonnes critiques lisez Fauvette, elle est bien plus claire !